La Dordogne en montgolfière

Au mois d’octobre dernier, je me suis rendu en Dordogne pour un vol en montgolfière avec des amis. Si je n’y habite plus depuis quelques années, j’y ai toujours nombre d’amis, et nous nous retrouvons parfois, de préférence autour d’une activité extraordinaire. A cette occasion, je suis retourné à Périgueux, où je n’avais pas mis les pieds depuis des années. Aussitôt entré dans la ville, j’ai éprouvé un sentiment étrange : celui de ne l’avoir jamais quittée. Tout était à la même place, et c’est avec fascination que j’ai arpenté ses rues, retrouvé mes repères familiers. C’était comme si le temps avait été aboli, et comme si toutes ces années loin d’elle n’avaient jamais existé. J’y repense souvent, depuis. A tel point que j’ai eu envie de vous la présenter ici.
Gourmande, sensuelle, culturelle, la capitale du Périgord promet des jours heureux à qui vient flâner sur les bords de l’Isle (la rivière qui la traverse d’est en ouest). Et c’est d’un pas tranquille qu’il faut partir à la découverte de ses trésors architecturaux remontant au Moyen Âge, tout en se laissant imprégner par son charme unique.
Pour celui qui y vient la première fois, l’idéal est peut-être de commencer par le quartier Saint-Front. Autrefois cité à part entière, ce quartier a été créé autour de la colline (le puy) où avait été enterré saint Front (l’un des évangélisateurs de la région). Au fin du temps Puy-Saint-Front est devenu un quartier de Périgueux, mais un quartier précieux, conservé, réhabilité, et jalousement protégé.
Dans le dédale des rues, on peut faire halte devant les façades étonnantes d’anciennes maisons construites entre le XIIIe siècle et le XVe siècle. Et admirer d’anciens hôtels datant eux aussi du XVe siècle, tels ceux d’Abzac de Ladouze et de Sallegourde qui, rue Aubergerie, offrent l’un et l’autre des tours et tourelles et un chemin de ronde protégé par des mâchicoulis. D’autres très belles maisons se dressent au bord de l’Isle : la Maison Cayla appelée la Maison des Consuls et datant elle aussi du XVe siècle, et la Maison Lambert, bâtie un siècle plus tard et offrant un aspect plus Renaissance.
Mais la reine des lieux est incontestablement l’ancienne église abbatiale de Saint-Front, devenue cathédrale en 1669 seulement et ayant repoussé du même coup l’ancienne cathédrale Saint-Etienne-de-la-Cité au rang de simple église paroissiale.
La cathédrale Saint-Front est étonnante avec son imposant clocher de plus de 60 mètres de haut, entouré d’une multitude de coupoles et de clochetons de pierre. Elle est la plus grande église à coupoles d’Europe occidentale. Paul Abadie, l’architecte qui mena sa réhabilitation au XIXe siècle et en fit l’édifice néo-byzantin aujourd’hui emblème de Périgueux, allait s’inspirer de ses plans pour réaliser par la suite… le Sacré-Coeur de Paris.
Culturelle, Périgueux l’est aussi grâce au musée Vesunna, conçu par le fameux architecte Jean Nouvel, et qui présente des vestiges gallo-romains uniques en Aquitaine.
Voilà. J’espère avoir été un bon guide touristique et vous avoir donné l’envie de découvrir un jour ses rues et ses trésors.
Il est dommage que le vent ne nous ait pas porté ce jour-là au-dessus de la ville. Découvrir Périgueux en montgolfière ne m’aurait pas déplu ! Mais découvrir la Dordogne du ciel est déjà un beau cadeau en soi, et je ne désespère pas de recommencer un jour. Suivez le lien pour en savoir plus sur ce vol en montgolfière.

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