Présentation du MC-21

La cérémonie de présentation s’est déroulée dans un hangar de l’usine aéronautique d’Irkoutsk, là même où le MC-21 est assemblé. Dans son discours d’ouverture, le président d’Irkout, Oleg Demtchenko, a déclaré que le MC-21, fruit d’un projet ambitieux et innovant, deviendrait le meilleur dans sa classe. Il s’agit du deuxième avion de ligne russe après le Soukhoï Superjet 100 (SSJ-100) et le premier pour la compagnie Irkout, jusqu’à présent spécialisée dans les avions militaires. Présent aux côtés des vice-Premiers ministres Dmitri Rogozine et Arkadi Dvorkovitch, le Premier ministre Dmitri Medvedev a évoqué un événement attendu de longue date par l’aviation russe et par tout le pays. « Mais le travail n’est pas terminé, a-t-il ajouté : il reste toute une série de tests à réaliser avant que l’appareil ne puisse prendre son envol, l’année prochaine. » Les vols d’essais sont en effet prévus pour fin 2016, et la production en série, pour 2017. Dmitri Medvedev a profité de l’occasion pour s’entretenir avec les employés des différents ateliers et féliciter les pilotes d’essai pour leur travail, en particulier « les missions militaires, y compris celles réalisées en Syrie » (Irkout produit les avions d’entraînement Yak-130 et Yak-152 ainsi que les chasseurs Su-30). Aux employés de l’usine qui se plaignaient de ne pas pouvoir obtenir de crédits bancaires avec un salaire moyen de 49 000 roubles mensuels [un peu moins de 700 euros, ndlr], ce qui constitue un frein au recrutement de jeunes spécialistes, le Premier ministre a répondu que c’était « un bon salaire pour la région » et qu’« à la fin de ses études, personne ne lui avait promis de crédit bancaire [à lui] non plus ». Au cours de la cérémonie, le président de la Compagnie aéronautique unifiée (OAK) Iouri Sliousar a rappelé que l’expérience – bonne ou mauvaise – acquise avec le SSJ devait être mise à profit. Le MC-21 profitera ainsi des mêmes mesures de soutien de la part de l’État : garanties de paiement, aides à l’emprunt (y compris pour la promotion sur les marchés extérieurs), assistance dans la dernière phase de construction et pour l’obtention des brevets. Selon Iouri Sliousar, 100 milliards de roubles ont été investis dans le projet, 80 par l’État et 20 par Irkout. Une annonce qui devrait satisfaire le directeur général de l’Agence fédérale pour le transport aérien (Rosaviatsia), Alexandr Neradko, qui a expliqué mercredi 8 juin que, « pour être compétitif, le résultat devra être de qualité ». Ce qui implique, selon lui, « un protectionnisme nécessaire » de la part de l’État russe, qui doit « continuer de soutenir » ce projet de haute technologie, mobilisant un volume de capitaux tel que « les investissements privés sont absolument insuffisants ».

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